Technologies et système bancaire : la menace se précise…

Les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon, auxquelles on ajoute souvent Microsoft et IBM, développent leur activité basée sur les technologies. Elles leur ont permis un développement exceptionnel (les GAFA affichent une capitalisation boursière équivalente à celle de notre CAC 40, soit les 40 plus grandes entreprises françaises cotées en bourse).

Ces mêmes technologies les mettent en situation d’attaquer la sphère bancaire

CAPTATION ET GESTION DES FLUX, RISQUE ENGAGEMENT.

La captation des flux issus de l’activité des technologiques leur permettra d’assurer ce qui fut longtemps le pré carré des banques : l’intermédiation bancaire.

L’intermédiation bancaire, c’était le passage obligé par les banques pour toute opération financière (dépôt, gestion du compte, épargne, dépenses, crédits…).

Les GAFA sont en mesure de proposer les même services, tout comme ALIBABA en Chine, qui a pu le faire très rapidement car il n’existait pas de système bancaire dédié aux particuliers et aux professionnels.

Autre activité fondamentale du système bancaire, le crédit.

Etre performant sur l’évaluation du risque-engagement, c’est être capable de prêter de l’argent en limitant le risque de défaillance de l’emprunteur. Les informations dont disposent les technologiques via les algorithmes exploitant les informations du big data permettent une évaluation du risque bien plus performante que les traditionnels « scorings », spécialité du système financier.

ALERTE A L’OUEST…

Le système bancaire ne se pose plus la question de savoir si cette intrusion des technologiques sur son champ d’action arrivera, mais quand cela arrivera, en prenant la mesure considérable de la menace.

Ici ou là quelques événements laissent penser que la menace se précise. « Les grandes banques américaines guettaient avec appréhension le moment où Amazon viendrait chasser sur leurs terres. Elles sont désormais fixées : selon le « Wall Street Journal » , le géant de Seattle, qui pèse deux fois plus en Bourse que la plus grosse banque américaine, envisage depuis l’automne dernier de se lancer dans les services bancaires » (les Echos, 5 mars 2018).

On peut supposer que ce qui se passe actuellement outre-Atlantique va se produire en France.

Avec plusieurs options possibles, et apparemment ce serait celle du « moindre mal », retenue dans une étude prospective de la Fédération Française des Banques (disponible sur son site) : pas d’attaque frontale du type Alibaba, avec création de banques directement concurrentes, mais développement de l’activité bancaire en association avec les établissements existants…